Le choix du chiot et son adaptation dans la famille
A qui
s'adresser
N'hésiter pas à
consacrer un peu de temps à sélectionner un élevage
ou à attendre un chiot : quand il s'agit de créatures vivantes,
la précipitation est mauvaise conseillère.
La meilleur façon de prendre contact avec cette race est d'aller
visiter une exposition canine, si possible internationale (le calendrier
des expositions est publié dans les revue spécialisées).
Dans une exposition, le futur propriétaire peut chercher le ring
sur lequel les Bull-Terriers sont jugés, en voir plusieurs, tous
ensemble, discuter avec les propriétaires et choisir un chiot.
Il est préférable que l'éleveur sélectionné
soit un spécialiste de la race : méfiez-vous des propriétaire
d' " usines à chiots " et de ceux qui recherchent avant
tout le profit.
Un éleveur passionné et sérieux est toujours content
de montrer ses chiens et de discuter longuement avec un néophyte
pour lui fournir des conseils précieux.
Il a en effet tout intérêt à confier chacun de ses
chiots à des personnes adaptées : ne vous étonnez
donc pas si l'éleveur vous pose des questions pour savoir ce que
vous avez l'intention de faire de son chien et quelle vie attend ce dernier.
Vous devez au contraire vous poser des questions si l'éleveur ne
manifeste pas la moindre curiosité à votre égard.
Même si vous n'êtes pas intéressé par un chien
" d'exposition ", il est conseillé de vous adresser à
une personne qui participe avec succès aux expositions parce que
la sélection de ses propres sujets lui tient certainement à
cur.
Il y a donc de fortes chances pour que ses chiots soient typiques, même
s'ils ne participent pas aux expositions. Si vous êtes certain de
ne jamais faire concourir votre chien, il est préférable
de le dire à l'éleveur : il peut en effet arriver qu'il
ait des chiots dans son élevage qui soient typiques et en bonne
santé mais qui présentent un défaut qui leur interdise
de faire carrière dans les expositions (par exemple le prognathisme
ou autre problème véniel) ;
En général, ces chiots coûtent un peu moins cher et
ne souffrent d'aucun handicap psychologique.
Choisir un chiot
Si cela est possible, essayez
de voir toute la portée afin d'avoir en même temps sous les
yeux plusieurs sujets pour pouvoir évaluer leurs caractéristiques
esthétiques et la " sympathie " qu'ils vous inspirent.
Il est fondamental que les parents du chiot soient typique, en bonne santé
et aient également un bon caractère.
La probabilité pour que des chiens beaux et bons soient issus d'animaux
ayant peu de qualités est pratiquement nulle.
Demandez à tout prix à voir les parents du chiots ou- il
arrive souvent que le père soit un étalon appartenant à
un autre élevage- au moins la mère.
Demandez aussi à l'éleveur de vous faire tout de même
voir une photo du père.
Femelle ou mâle
Quand on choisit un sujet,
il faut naturellement tenir compte du sexe que l'on préfère.
Les gens pensent souvent qu'il est beaucoup plus ennuyeux d'avoir une
femelle à cause de ses chaleurs. En réalité, cela
ne constitue pas du tout un problème. Les chaleurs se présentent
en moyenne deux fois par an et durent environ vingt jours. Il est vrai
que pendant cette période on est embêté par les chiens
mâles du voisinage qui vienne continuellement proposer leur virilité,
mais il faut aussi savoir que la femelle n'accepte cette cour que pendant
quelques jours (du neuvième au vingtième jour environ).
Ainsi la période vraiment critique, durant laquelle il est conseillé
de tenir la chienne en laisse et de ne sortir que pendant les heures les
moins fréquentées, est très brève
Ce <problème> des chaleurs ne devrait donc pas être
déterminant dans votre choix. D'autre part, les femelles sont plus
douces, moins fougueuses, moins indépendantes et plus .petites
que les mâles. Je considère qu'elles sont dans l'ensemble
plus adaptées, par exemple, aux personnes âgées et
aux familles avec de jeunes enfant s. En revanche, les mâles sont
plus grands, plus indépendants, plus impétueux et ont besoin
de plus de poigne.
Les paramètres morphologiques à
prendre en compte
En général ,
le choix morphologique est très difficile à effectuer, pas
tellement pour sélectionner les sujets les plus prometteurs d'une
portée mais surtout par le fait que, durant leur croissance, les
proportions et le développement des chiots changent, parfois de
façon spectaculaire. C'est pourquoi je pense que l'on prend un
bon départ si l'on ramène chez soi un chiot typique, issu
de Bull-Terriers dont on a beaucoup apprécié l'aspect et
l'attitude.
Le chiot doit dans tous les cas exprimer un tempérament actif,
être très curieux , têtu et plein de vie.
La structure
Le Bull-Terrier est un chien
possédant le <maximum de substance>, et ceci dès l'âge
de deux mois : un aspect fluet et mince, une ossature fine - défauts
les plus graves ²- ne pourront jamais donner la structure puissante
typique de la race. A partir de l'âge de deux mois, le chiot devient
robuste, paraît lourd quand on le soulève et est bien planté
sur des pattes grandes et solides.
Les diamètres transversaux sont particulièrement importants
: poitrine, thorax et croupe sont larges ; les membres sont par conséquent
bien écartés, avec des aplombs parfaits, les antérieurs
comme des colonnes et les postérieurs modérément
inclinés et repoussés légèrement vers l'arrière
- avec des jarrets courts, forts et parallèles vus de derrière.
Chez le petit chien (huit-dix semaines) le tronc dans son ensemble est
cylindrique et solide. Un épaule bi
en formée doit être accompagnée d'un long cou et harmonieusement
moulé pour former un garrot bien relevé qui se prolonge
sur un dos droit.
Dans l'ensemble, le sujet semble déjà posséder les
proportions générales de la structure caractéristique
du Bull-Terrier. Il rappelle le taurillon , dont lui vient une partie
de son nom, même quand il est à l'arrêt :; il repose
sur ses membres antérieurs qui ressemblent à des petites
colonnes, avec cet air perçant et déterminé si typique
et si captivant
La
tête
L'évaluation de la tête
ne concerne pas le néophyte : le type de la race est si particulier
que seul un il expert est capable de le juger. A l'âge de
deux mois, le profil du chiot n'est pas entièrement développé
et on peut en dire autant de la profondeur de la tête et de la longueur
du museau -proportionnellement au crâne- qui est inférieure
à celle de l'adulte
Les yeux, en revanche, sont déjà triangulaire, obliques
et très foncés, presque noirs..
Le
chiot d'exposition
Aucun éleveur sérieux
ne peut prédire les futurs succès sur le ring d'un chiot
de huit semaines. Même si le point de départ est très
bon, la route est longue et semée d'embûches. Le chiot ne
représente qu'une promesse et non une garantie. Par exemple, au
moment du remplacement des dents , un grave défaut de fermeture
peut apparaître et interdire à tout jamais au jeune chien
de remporter des titres. Il faut toujours être préparé
à de telles éventualités et se contenter alors d'avoir
le plaisir de vivre avec un Bull-Terrier <ordinaire>
Si vous désirez absolument avoir un chien d'exposition, il ne faut
pas le choisir si petit mais vous orienter vers . un jeune chien âgé
d'au moins cinq ou six mois. L'éleveur aura néanmoins du
mal à s'en séparer et vous devrez certainement
y mettre
le prix.
L'intégration
dans la famille
N'oubliez pas que, quand vous
le ramenez chez vous, le chiot subit un très grand stress :c'est
le passage de la <société canine> à la <société
humaine> . Pour que cela se passe sans traumatisme, votre nouveau compagnon
a besoin de beaucoup d'affection , de compagnie, de compréhension
et de protection. Prêt à s'adapter et à grandir le
mieux possible, c'est une créature qui dépend entièrement
de vous.
Il est évident qu'il va se sentir perdu quand il va arriver dans
sa nouvelle demeure : ne l'excitez pas trop mais ne l'isolez pas non plus
parce qu'il n'a jamais connu la solitude - qui est de toute façon
une expérience contre nature pour un chien, animal social à
cent pour cent.
Rappelez-vous que le chiot de Bull-Terrier a une très grande énergie
et qu'il a tendance à tout <goûter>. Il est don indispensable
de lui fournir des jouets inoffensifs et de lui permettre d'être
très actif.
Il faut commencer très rapidement l'éducation à la
laisse et l'habituer à des ordres simples comme <assis> ou
<viens<, qu'il assimilera extrêmement facilement.
L'installation
Quelle est la meilleure place
du chiot pour la nuit ? D'après moi, c'est sans aucun doute à
côté du lit de son maître.
Ce n'est qu'en gardant le chiot .à côté de vous que
vous lui éviterez d'avoir peur de la solitude et de l'abandon..
Les chiens aiment beaucoup .les <tanières>confectionnées
avec une grande boîte retournée mais vous pouvez aussi lui
donner un tapis ou un petit matelas.
Si votre chien doit dormir dehors, il faut qu'il ait une niche ou dispose
d'un support surélevé et placé dans un endroit protégé,
par exemple dans le coin d'une véranda. Il faut aussi qu'il ait
jour et nuit de l'eau fraîche à sa disposition près
de l'endroit où il dort.. Ses repas doivent être administrés
avec une grande ponctualité, notamment pour régler ses intestins
; il est conseille de laisser des restes de nourriture longtemps dans
son écuelle : si votre chien ne mange pas tout, il faut les retirer
au bout de trente minutes.
Les
périodes de la vie du chiot et ses rapports avec l'homme
Après les recherches
menées au cours de ces vingt dernières années sur
le comportement des chiots, nous disposons aujourd'hui d'un cadre assez
complet sur les périodes particulièrement importantes pour
qu'ils suivent un développement psychologique correct.
On distingue quatre périodes :
- de la naissance au vingtième
jour ;
- du vingt et unième
jour à la septième semaine ;
- de la septième à
la douzième semaine ;
- de la douzième à
la seizième semaine.
Les résultats
de ces recherches nous permettent de savoir ce qu'il faut faire et ne
pas faire pour éviter de provoquer des traumatismes ou faire
apparaître des défauts psychologiques chez celui qui va
devenir notre compagnon.
Première
période (de la naissance au vingtième jour)
Cette première période
est appelée <végétative> : les chiots, qui
se contentent de manger et de dormir, dépendent entièrement
de leur mère. Celle-ci les lèche continuellement, les massant
non pas pour les nettoyer mais pour stimuler leur miction et leur défécation
qui ne sont pas encore des actions spontanées..
Pendant la première phase de cette période, les petits sont
aveugles et sourds. L'ouverture des yeux et des conduits auditifs commence
vers le dixième jour et se termine vers le quinzième, mais
les chiots ne voient et n'entendent vraiment qu'à partir du vingtième
jour.
Par conséquent, tout ce qui se passe autour d'eux ne les concerne
pas. Leur seule perception est ollfactive mais ils ressentent la chaude
.. présence du corps de leur mère et celle de leurs frères
et surs.
Deuxième
période (du vingt et unième jour à la septième
semaine)
C'est la période de
socialisation des chiots avec leurs semblables. Durant ces quatre .semaines,
les chiots voient, entendent et flairent assez bien.. Le milieu qui les
entoure prend une importance de plus en plus grande. Leur cerveau et .leur
système nerveux sont en train de se développer et ils ont
un besoin énorme de leur mère et de leurs frères
et soeurs .C'est pendant cette phase de leur vie qu'ils apprennent à
être chiens. S'ils sont retirés de la portée avant
la fin de la septième semaine, il leur manquera quelque chose sur
le plan de la socialisation spécifique, une fois devenus adultes.
Ils seront très dépendants des hommes avec lesquels ils
socialiseront facilement mais ils n'auront pas acquis la faculté
de se reconnaître dans leurs semblables et seront même parfois
pratiquement incapables de s'accoupler.
Les chiots de la portée commencent à jouer, à se
bagarrer et à se disputer. C'est ainsi que l'ordre hiérarchique
commence à s'instaurer. Cette lutte pour la domination devient
beaucoup plus ardente au cours de la troisième période.
En effet, si on laisse les chiots grandir ensemble jusqu'à la douzième
semaine, le groupe se divise en <super-Bull-Terrier> et en Bull-Terrier
inhibés, ce qui naturellement ne vas pas .
C'est pour cette raison que, si d'un ôté il est très
important de laisser le chiot se socialiser pendant les sept premières
semaines de sa vie, il est d'autre part déconseillé de le
laisser vivre en bande après cet âge.
On peut en déduire que le meilleur moment pour ramener un chiot
à la maison se situe précisément à la fin
de la septième semaine.
.Naturellement, il est important que durant la deuxième période
.les chiots soient habitués à la présence de l'homme
, qui doit les manipuler un peu, si possible tous les jours. Le docteur
américain J. Paul Scott a même démontré qu'il
était bénéfique de jouer ave chaque chiot pris individuellement
afin qu'il commence à percevoir sa propre personnalité.
Selon le docteur Scott, on peut commencer à enseigner les rudiments
de l'éducation sous la .forme de quelques ordres simples dès
la sixième semaine ((c'est en effet à cet âge qu'à
la Guide Dogs for the .Blind - Ecole de chiens guides d'aveugles - de
San Raphael en Californie on apprend aux chiots la conduite en laisse,
le <viens>, le <assis> et le rapport d'une balle).
Troisième
période (de la septième à la douzième semaine)
C'est la période la
plus importante pour la socialisation ave l'homme. Au cours de cette troisième
période, le chiot apprend à nous aimer et à nous
respecter. Toutes les bases de son éducation, ainsi que la plupart
de ses capacités d'apprentissage, sont concentrées ici.
Il est évident que l'enseignement doit être basé sur
le jeu et sur la collaboration mutuelle : le petit chien apprend que sa
vie avec l'homme constitue, à tous points de vue, un lien avantageux.
Il développe son instinct de bande avec la famille qui l'a adopté
et naturellement ave son maître. Il devient spontanément
grégaire et se soumet à la domination.
Le chiot qui reste dans un élevage durant cette période
doit faire l'objet d'attentions individuelles, de soins et d'affection
humaine, pour éviter qu'il ne reste <fermé> à
tout jamais au rapport avec les hommes.
Quatrième
période (de la douzième à la seizième semaine)
Dans la nature, cette période
correspond à l'affirmation de la personnalité du chiot par
rapport à sa mère. C'est également la période
du remplacement des dents de lait. Chez les chiens sauvages, les chiots
de cet âge aiment partir seuls ou avec un de leurs frères
à la découverte du monde inconnu. C'est la dernière
occasion de débuter une socialisation entre les chiots et l'homme.
Les chiens qui n'ont pas la possibilité d'établir une relation
avec l'homme avant la seizième semaine se comporteront ensuite
presque comme des animaux sauvages. Ce n'est qu'après beaucoup
de temps et grâce à des trésors de patience qu'ils
pourront apprendre à cohabiter avec nous mais ils ne seront jamais
le genre de compagnon que nous aurions souhaité.
Cette quatrième période est également le moment où
se décide qui, du chien ou de l'homme, est le <chef>.
C'est pour cette raison que le dressage éducatif n'est pas seulement
un jeu mais qu'il implique aussi une discipline ferme et que les séances
doivent se dérouler dans un lieu calme, n'offrant aucune distraction
au chien. Naturellement ces <séances> éducatives doivent
être courtes mais intenses. Il est préférable de récompenser
le chien qui a bien travaillé avec des flatteries et des caresses
plutôt qu'avec des friandises.
Pour résumer, on peut dire que pendant cette quatrième période
le chiot devient un <individu> et apprend à être sûr
de lui : il faut tout faire durant cet intervalle pour qu'il devienne
le meilleur chien possible. Il faut le conduire dans les endroits les
plus variés et les plus intéressants possible, stimuler
sa curiosité, le rassurer quand il hésite, jouer beaucoup
avec lui, notamment à l'exercice de rapport (par exemple avec une
balle) - un exercice qui stimule la collaboration-, lui permettre d'avoir
des contacts avec d'autres chiens, le protéger de tout danger éventuel,
chercher en somme à rendre son enfance très riche en expériences
positives.
.Attention : le chiot relégué dans un jardin ou, pire dans
une maison vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ne peut pas évoluer
de façon complète ni développer son intelligence.
|