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Dogs Janvier 2001)
La tête d'un hippopotame,
la démarche d'un ours, ce colosse qui peut mesurer jusqu'à
75 cm
pour un poids de 70 kg, est un ancien combattant des jeux du cirque
qui a gardé les critères qui étaient retenus
à l'époque pour cette fonction, la puissance et la
solidité.
De nos jours il a perdu
sa férocité pour devenir un chien de compagnie agréable
quoi qu'un peu encombrant.
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Son
histoire remonte au molosse d'Epire dont les habitants (Les Molosses)
sélectionnaient des chiens, qu'on décrit généralement
comme monstrueux et qui étaient utilisés pour la guerre.
En 550 avant notre ère, le roi d'Epire
offrit l'un de ses chiens à Cyrus, Roi des Perses pour qu'il combatte
le lion et l'éléphant.
On
le retrouve au Ive siècle avant notre ère, auprès
d'Alexandre le Grand pour l'aider à conquérir le monde.
On pense qu'il parvint en Italie vers le 1er siècle où,
très vite, il allait être utilisé pour la garde. Un.
observateur de l'époque, Columelle, évoque un chien redoutable
toujours choisi de couleur sombre, pour se confondre avec les ténèbres.
Les jeux du cirque firent de lui le chien de combat idéal , contre
les fauves ou les gladiateurs et il fut largement employé par les
légions, comme chien de guerre semant la terreur dans les rangs
ennemis.
Cretimus Ducensis écrira : " on dresse ces Dogues à
mordre l'ennemi avec fureur ; ils sont bardés de cuir, portant
un vase d'airain rempli d'une substance résineuse et d'une éponge
imbibée d'esprit de vin. Les chevaux harcelés par les morsures
des chiens et par les brûlures de ce feu qui est très ardent,
fuient en désordre ".
Les riches Patriciens trouvèrent en lui un cerbère intraitable,
pour protéger leurs riches demeures à la campagne, en particulier
autour de Naples. Le terme " Mâtin " ou " Mastino
" est utilisé en Italie dès 1200, il vient du latin
Mausuetus (apprivoisé). Dante dira qu'il est utilisé poursuivre
les voleurs : " Mastin agile à poursuivre les bandits "
et en 1400 la description qu'en fait un écrivain Florentin, Soderini,
est éloquente : " .Il y a des Mâtins ayant la tête
grande et grosse, dont le cou occupe la troisième partie de sa
personne, grande et large gueule, les cils grands, les arcades poilues
et frisées, les oreilles grandes et pendantes, les yeux rouges
sont luisants et vivaces, les aboiements pénétrants et coléreux,
poitrails larges et poilus ainsi que de larges épaules, le cou
gros, les jointures des membres longues, les pieds et les ongles larges
".
Pourtant, l'entretien de ces redoutables gardiens était onéreux
et la race périclita, au point qu'elle faillit disparaître.
Elle fut sauvée par les Espagnols, venus d'Aragon, qui occupèrent
le royaume de Naples, de 1442 à 1713. Ils avaient amené
avec eux les fameux " Perros de Presa " (chien de prise ",
des molosses également très robustes qu'ils croisèrent
avec quelques Mâtins qui demeuraient dans le Sud de l'Italie, pour
la garde des Mastineria (fermes fortifiées).Les sujets produits
trouvèrent diverses utilisations en dehors de la garde et on les
vit employés par l'aristocratie, comme chiens de chasse pour le
sanglier ou, comme chiens de ronde par les milices privées chargées
de protéger certains quartiers.
Lors des deux guerres mondiales la
race risqua à nouveau de disparaître et on comprend, que
dans les villes, un chien qui avale 1 kg de viande par jour, n'est pas
très indiqué lors des pénuries.
Seuls quelques spécimens furent sauvés à la campagne
et en 1946 lors de l'exposition canine de Naples, on ne vit seulement
que huit sujets, mais qui firent sensation.
Un écrivain, Pietro Scanziani,
fut impressionné par les descriptions qu'on lui fit de la race.
Il se rendit chez les propriétaires de ces chiens, et décida
de faire tout ce qu'il pouvait pour la sauver. N'hésitant pas à
acheter les plus représentatifs, il établit un chenil à
Rome, afin de pratiquer une sélection rigoureuse à partir
de 1949. Il devint rapidement le promoteur et l'expert de la race, rédigeant
un standard et encourageant les éleveurs à se passionner
pour l'améliorer.
Il écrira pour décrire
" Guaglione " un des étalons du moment :C'était
l'un des cent chiens que Paul Emile ramena à Rome pour son triomphe,
c'était le grand chien de l'Epire, fils des Assyriens, neveu des
Tibétains, c'était le Molosse ".
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